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Selon un rapport, des trains n’auraient jamais dû être autorisés à circuler sur des sections de voie non sécuritaires

08-01-2008

 HNE   CFTC-DPEV

OTTAWA – Selon un récent rapport , on n’aurait jamais dû autoriser des trains de circuler sur des sections de voie jugées « impraticables » en vertu des normes fédérales des transports, dans le nord du Manitoba.

Le service ferroviaire aurait dû être interrompu jusqu’à ce que les 16 sections de la voie jugées dangereuses par Transports Canada aient été réparées, peut-on lire dans le rapport préparé par une firme d’ingénierie de Mississauga, Ontario. « Les trains n’auraient pas dû circuler sur ces sections défectueuses avant d’avoir été réparées et jugées conformes à ces normes », indique le rapport.

« Il aurait fallu faire immédiatement arrêter les trains passant sur les défauts impraticables jusqu’à ce qu’ils aient été corrigés. »

Via Rail a reçu le rapport d’UMA Engineering Ltd. et la Presse canadienne en a obtenu une copie en septembre dernier en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, après avoir identifié des sections de voie dont la pente était supérieure à celles jugées sécuritaires par Transports Canada.

Via n’est pas propriétaire de la section de voie de 310 kilomètres au Manitoba (la subdivision Sherridon) entre Sherritt Junction et Lynn Lake.

La partie de la voie dans le nord de la province entre The Pas et Pukatawagan est la propriété du chemin de fer manitobain Keewatin Railway Corp.

Cependant, le porte-parole de Via, Malcolm Andrews, a déclaré tard mardi que la société d’État octroie à Keewatin Railway Corp. un contrat d’exploitation de services passagers et loue plusieurs voitures à son contractant.
« Nous portons une attention à l’ensemble de notre équipement ainsi qu’aux endroits où il est exploité, aux façons dont il est exploité et aux conditions dans lesquelles il est exploité », a-t-il affirmé.

Le directeur général de Keewatin Railway Corp., Tom McCahill, a déclaré mardi que son entreprise loue trois voitures-coach et un wagon à bagages de Via.

Il a affirmé que chaque section problématique avait été réparée avant que Via ne reçoive le rapport en septembre dernier, ajoutant que les 16 sections de voie impraticables variaient en longueur de quelques pouces à plusieurs mètres.

« Aucun chemin de fer n’autorise la circulation de trains sur des voies qu’il sait sont dans un tel état », d’expliquer McCahill.

« Exploitions-nous cette voie avant que la voiture utilisée pour mesurer la voie n’ait identifié les défauts? Je suppose, puisque nous n’en avions pas connaissance. »

Les voies font habituellement l’objet d’une inspection annuelle, après le dégel du printemps, a expliqué McCahill. Ainsi, les 16 sections identifiées dans le rapport auraient fait défaut à un certain moment entre deux inspections annuelles.

Entre-temps, les trains ont dû être ralentis à une vitesse de pas de tortue afin de pouvoir franchir d’autres points chauds sur la voie. Dans son rapport, la firme d’ingénierie a identifié plus de 200 sections de voie où elle recommande l’imposition d’ordres de marche au ralenti ou de limites de vitesse afin d’assurer le passage sécuritaire des trains.

De ce nombre, selon le rapport, il est recommandé de limiter la vitesse des trains à 10 mi/h sur 110 sections de voie pour assurer une circulation sécuritaire. De plus, on recommande d’imposer près d’une centaine d’ordres de marche au ralenti à des vitesses variables sur d’autres sections de la voie.

Cependant, le rapport mentionne aussi que deux mois se sont écoulés entre les essais et la date à laquelle la firme d’ingénierie a déposé son rapport à Via, ce qui signifie donc que « la voie a pu se détériorer depuis ».

L’auteur du rapport préparé par la firme a refusé tout commentaire et redirigé tous les appels à Via. Aaron Branston, ingénieur pour Via, a affirmé que c’est Transports Canada qui est responsable d’établir la pente sécuritaire pour la circulation des trains.
« C’est Transports Canada qui établit les règles, et c’est à ce ministère de dicter ce qui est sécuritaire et ce qui ne l’est pas. Nous ne faisons que suivre les règles », a-t-il affirmé.

L’industrie ferroviaire compose avec l’effritement de son infrastructure depuis quelques années.

Selon un autre rapport produit par Via l’année dernière, un train exploité par la société d’État sur quatre a accusé du retard en 2007.

Les délais ne sont pas toujours attribuables à Via, puisque la société d’État exploite ses activités principalement sur des voies appartenant à d’autres chemins de fer, dont le CN, et ses trains de passagers doivent parfois céder la voie pour permettre le passage de trains de marchandises.

Les déraillements de trains de marchandises, les travaux d’amélioration des voies et les limitations de vitesse imposées sur les voies à risque de se soulever sous la chaleur estivale ont tous contribué à perturber les horaires.